Une majorité de la population française, estimée à près de 75 %, ne s’hydrate pas suffisamment au quotidien. Cette négligence, loin d’être anodine, peut avoir des conséquences directes sur la santé, la vigilance mentale et surtout les performances sportives. Pour les coureurs, comprendre les mécanismes de l’hydratation devient donc essentiel.
Pourquoi l’eau est vitale à l’effort
L’eau dans l’organisme n’est pas qu’un simple liquide : elle transporte les nutriments, régule la température corporelle et structure les cellules. En période d’effort, elle agit comme un climatiseur naturel en absorbant la chaleur corporelle via la transpiration.
Un adulte actif a besoin en moyenne de 2,5 litres d’eau par jour, un apport issu des boissons, de l’alimentation et des réactions métaboliques. En course à pied, la perte hydrique s’accélère par sudation. Il est alors crucial de compenser ces pertes pour éviter une baisse des performances.
Les conséquences d’une déshydratation chez le coureur
Une déshydratation de seulement 2 % du poids corporel peut entraîner une baisse des capacités aérobies de 20 %. Cette diminution des performances s’accompagne d’une augmentation de la fréquence cardiaque, d’une réduction du flux sanguin vers les muscles, et d’une surchauffe corporelle.
Au-delà de 4 % de perte hydrique, les effets s’aggravent : troubles cardiovasculaires, fatigue intense, et dans certains cas, vertiges ou malaises. À noter que même les fonctions cognitives sont affectées, avec des temps de réaction pouvant augmenter de plus de 20 %.
Les signes d’un manque d’hydratation
Certains symptômes doivent alerter tout coureur :
- Baisse des performances physiques et mentales.
- Sensations de jambes lourdes et rythme cardiaque élevé à effort égal.
- Urines foncées (hors matinée).
- Peau sèche, lèvres gercées, et cernes marqués.
- Sensation de soif tardive, souvent trop tardive pour être un bon indicateur.
Sur le plan physiologique, la déshydratation peut même provoquer une rétention d’eau : le corps, en manque, stocke l’eau disponible pour maintenir ses fonctions vitales, ce qui peut faussement faire croire à une prise de poids.
Boire avant, pendant et après l’effort
Il est conseillé d’adapter ses apports hydriques tout au long de la journée plutôt que de boire en grandes quantités d’un coup. Un exemple de répartition :
- Deux verres d’eau au réveil.
- Un verre au petit-déjeuner.
- 50 cl répartis le matin et l’après-midi.
- Deux à trois verres à chaque repas.
Avant un entraînement, il est crucial d’être bien hydraté. Pendant un effort de plus d’une heure, il est recommandé de boire toutes les 15 à 30 minutes, idéalement une boisson contenant 6 % de glucides et du sodium pour compenser les pertes en électrolytes.
Après l’effort, il faut reconstituer les réserves en buvant 1,5 à 2 fois le poids perdu (pesé avant/après). L’utilisation de gourdes transparentes est également recommandée : voir l’eau incite davantage à boire.
Conclusion : une stratégie d’hydratation personnalisée
L’hydratation ne doit pas être laissée au hasard. Ni standardisée. Chaque coureur doit adapter ses apports en fonction de sa physiologie, de la durée de ses efforts, des conditions climatiques et de son environnement. Le bon réflexe : boire régulièrement, avant d’avoir soif, et choisir une boisson adaptée à l’effort.

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